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Obligations souveraines françaises face à la hausse des taux

15 sept.
2 min de lecture

L'OAT à 10 ans franchit tout juste la barre des 4,50 %, et le 30 ans a dépassé 5 %, un plus-haut inédit depuis 2003. Ce niveau de taux « absolu » ne raconte pourtant qu'une partie de la triste fable qui se déroule.


Le spread 10 ans France-Allemagne, l'écart de rendement entre l'OAT et le Bund, la référence sans risque de la zone euro s’approche désormais des 100 points de base, contre seulement une soixantaine il y a un an. Ce niveau n’avait plus été atteint depuis 2012 ; nous étions alors en pleine crise des dettes souveraines.


Une différence avec 2012 est essentielle : à l'époque, le Bund évoluait autour de 0 %. Un écart de 80 points de base sur une base nulle restait indolore, c’était presque un atout dans la recherche de rendement. Aujourd'hui, ce spread s'empile sur un socle de taux déjà élevé, le niveau absolu change tout.


La France a massivement émis entre 2015 et 2021 à des taux proches de zéro, 0,11 % en moyenne pour les émissions de 2019, selon l'Agence France Trésor. Ces souches arrivent progressivement à maturité.


Avec une vie moyenne de la dette d'environ 9 ans, chaque tranche qui se refinance aujourd'hui le fait à un coût 3 à 4 fois supérieur à son rendement d'origine. Avec le resserrement quantitatif de la BCE (fin des réinvestissements, réduction du bilan de l'Eurosystème) l'acheteur qui absorbait une partie de la dette s'est retiré. La Banque de France anticipe 350 à 400 milliards d’euros d'émissions brutes par an d'ici 2030, désormais à placer auprès d'investisseurs privés.


La charge des intérêts change radicalement de dimension : de 30 milliards en 2020, on est passé à 66 milliards en 2025 et de l’ordre de 120 milliards si on ne modifie pas le tir à horizon 2030.  La charge de la dette constitue le premier poste budgétaire de l'État, devant la Défense et l'Éducation nationale. Selon l'AFT, chaque hausse permanente d'un point sur toute la courbe ajoute 3,1 milliards d’euros dès 2026 et 18,4 milliards d’euros en 2030.


Reste la dimension politique, ou plutôt son absence. À l'approche du budget, aucune trajectoire de consolidation crédible ne se dégage et le piège se referme de lui-même : même à dépenses publiques inchangées, sans un euro voté en plus, la charge de la dette progresse par le seul jeu du refinancement.


Pour rappel, le dernier budget à l'équilibre de la France remonte à 1974, les dernières baisses de la dépense publique ont eu lieu en 1976 et 1982.

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